Thématique 2017

Les chauves-souris et la forêt

Des habitantes des bois discrètes mais surprenantes 

De nos jours, la France métropolitaine représente 30 % du territoire. La forêt, lieu de multiples activités humaines, abrite également un large éventail d’oiseaux et une ribambelle d’insectes, auxquels s’ajoutent des milliers de végétaux, de champignons, et enfin, de mammifères. C’est parmi ces derniers, justement, que l’on rencontre les chauves-souris, hôtes des bois parmi tant d’autres. Et oui, les chauves-souris ne se trouvent pas seulement dans les grottes et les greniers !

En hiver, hébergement insolite chez les chiroptères

La Pipistrelle de Nathusius, profite des arbres pour hiberner quand les proies se font rares. La Barbastelle d’Europe profite des cavités, des fissures et des espaces créés par les écorces décollées pour passer l’hiver ; tandis que la Noctule commune, sélectionne les loges de Pic abandonnées, qui lui permettent de survivre aux rigueurs de l’hiver. A choisir, les chauves-souris préfèrent les arbres-gîtes vivants et feuillus, qui leur accordent une meilleure isolation thermique. Les arbres les plus prisés sont l’hêtre et le chêne.

Des arbres et des insectes pour passer un bel été

Les sous-bois sont d’excellents terrains de chasse pour les chiroptères, ils poursuivent ainsi les insectes au travers des allées forestières et le long des lisières. Le Grand murin, qui affectionne plutôt les gros insectes, survole les feuilles mortes, au sol, à la recherche de carabes. Pour d’autres, comme l’Oreillard roux ou le Murin de Bechstein, il suffit de virevolter plus haut, jusqu’à la canopée, pour trouver des chenilles et autres papillons et mouches à se mettre sous la dent. Le Murin de Daubenton, spécialiste des insectes aquatiques, chasse dans les sous-bois bordant les mares et les étangs. Certains arbres constituent des gîtes propices au repos, à la reproduction et à l’élevage des jeunes. En été, les arbres morts sont également prisés !

La forêt, espace de vie : cela va-t-il durer ?

Malheureusement, sous l’effet de certaines activités humaines, notamment l’exploitation forestière, il est quelquefois précaire de vivre une vie de chauves-souris en forêt. La suppression des arbres vieillissants et du bois mort est problématique pour elles. En effet, les vieux arbres vivants et parfois certains arbres morts sur pied offrent le gîte, tandis ce que le bois mort, laissé au sol, apporte une entomofaune, prisée par certaines espèces comme la Noctule de Leisler, pour s’alimenter ! Les chiroptères sont également menacés par la monoculture forestière, la pratique de la «coupe à blanc» ou encore la destruction des arbres fragilisés ou fissurés... Fort heureusement, des solutions se développent (diversification des plantations, maintien des arbres senescents, augmentation des âges d’exploitation, …) et permettent aux acteurs de la gestion forestière de s’engager pour la biodiversité en s’inscrivant dans des démarches respectueuses de l’environnement

Chauve-souris, es-tu là ?

Alors, la prochaine fois que vous emprunterez le sentier de la forêt, vous aurez peut-être une petite pensée pour ces discrètes habitantes ailées. Qui sait, peut-être l’une d’entre elles se cache derrière ces petits cris suraigus caractéristiques ? La silhouette d’un arbre mort ? Ou encore le bruissement des feuilles ?

 

Camille LE GOUIL

SFEPM